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Or cassé ou dépareillé : ce qu'il vaut vraiment

Chaînes cassées, boucles orphelines, bagues abîmées : comment se calcule la valeur de l'or cassé, du poids au titre, et comment le vendre dans de bonnes conditions.

Or cassé ou dépareillé : ce qu'il vaut vraiment

Une boucle d’oreille dont on a perdu la jumelle, une chaîne cassée, une alliance devenue trop petite, un pendentif tordu : l’or cassé ou dépareillé s’accumule dans les boîtes à bijoux. Il n’a plus d’usage, mais il garde de la valeur, puisque le métal, lui, ne s’abîme pas. Encore faut-il savoir comment cette valeur se calcule, pour juger une offre de rachat. Voici la méthode, à titre d’information générale.

Un bijou cassé vaut d’abord son poids d’or fin

Pour un bijou abîmé, la valeur de l’objet disparaît le plus souvent : ce qui compte, c’est la quantité d’or pur qu’il contient. Elle dépend de deux paramètres.

  • Le poids du bijou, mesuré au centième de gramme près.
  • Le titre, c’est-à-dire la proportion d’or pur dans l’alliage, exprimée en millièmes.

Le calcul est simple : un bijou de 10 grammes en or 750 millièmes contient 7,5 grammes d’or pur. Le même poids en or 375 millièmes n’en contient que 3,75 grammes. Deux bijoux de même poids peuvent donc avoir une valeur du simple au double.

Reconnaître le titre

En France, les titres légaux de l’or sont 999, 916, 750, 585 et 375 millièmes. Pour pouvoir être vendu sous l’appellation « or », un bijou doit titrer au moins 375 millièmes, soit 9 carats. L’or 750 millièmes, le plus courant dans la bijouterie française, correspond à l’ancien 18 carats.

Titre en millièmesÉquivalent en caratsPart d’or pur
99924 carats99,9 %
91622 carats91,6 %
75018 carats75 %
58514 carats58,5 %
3759 carats37,5 %

Le titre est garanti par un poinçon, une minuscule marque en relief, souvent placée sur le fermoir ou à l’intérieur d’un anneau. La douane rappelle les règles de marque pour la garantie des métaux précieux. Sur un bijou étranger, le titre est souvent gravé en chiffres (750, 585, 18K, 14K). Les petits bijoux de moins de trois grammes peuvent être dépourvus de poinçon de garantie, et l’usure efface parfois les marques : le professionnel vérifiera alors le métal par des tests.

Ce qui ne compte pas, ou compte à part

  • Les parties non en or : ressorts de fermoir en acier, pierres d’imitation, perles. Elles sont retirées ou déduites du poids.
  • Le plaqué or et le doublé : une fine couche d’or sur un autre métal n’a qu’une valeur très faible. Les mentions « plaqué » ou « doublé » doivent alerter.
  • Les pierres précieuses : un diamant ou une pierre fine sur un bijou cassé peut garder sa valeur. Faites-le examiner séparément avant de céder la monture.
  • Les bijoux signés : même abîmé, un bijou d’une grande maison peut valoir davantage que son poids d’or. Une réparation est parfois plus judicieuse qu’une vente.

Du calcul à l’offre de rachat

Le professionnel établit son prix en fonction du cours du jour, diminué de ses frais et de sa marge, et le décline par titre. Il doit afficher ses prix d’achat, en boutique comme sur son site, et il n’est pas tenu de les aligner sur le cours de l’or. D’où l’intérêt de comparer.

Pour estimer vous-même l’ordre de grandeur :

  1. triez vos bijoux par titre ;
  2. pesez chaque lot sur une balance de cuisine précise, en sachant que la pesée du professionnel fera foi ;
  3. multipliez le poids de chaque lot par le prix au gramme affiché pour ce titre ;
  4. additionnez.

Vous saurez ainsi si l’offre reçue est cohérente. Une offre très inférieure, ou une proposition qui ne détaille ni le poids ni le titre, doit vous faire hésiter.

Vendre dans de bonnes conditions

La vente d’or à un professionnel est encadrée : pesée devant vous, contrat écrit précisant le poids et le titre de chaque objet, pièce d’identité, paiement par chèque ou virement à votre nom, jamais en espèces, et délai de rétractation de 48 heures. Sur la Côte d’Azur, par exemple, une boutique de Cagnes-sur-Mer qui examine l’or devant le vendeur évalue chaque bijou en présence de son propriétaire avant de faire une proposition. Notre guide pour vendre ses bijoux en or détaille chaque étape.

Évitez les envois postaux à des sites inconnus et les achats d’or organisés ponctuellement dans une salle d’hôtel : vous perdez la maîtrise de la pesée et de la négociation.

Et la fiscalité ?

Les bijoux relèvent d’une taxe forfaitaire de 6 %, plus 0,5 % de CRDS, uniquement si le prix de cession dépasse 5 000 €. Mais l’administration range les « déchets et débris de métaux précieux » parmi les métaux précieux, taxés à 11 % plus 0,5 % de CRDS dès le premier euro. La qualification d’un lot d’or cassé peut donc changer le régime applicable : demandez au professionnel, qui déclare en principe la taxe pour votre compte, quel régime il retient et pourquoi.

Avant de vendre, réfléchir à une autre vie

L’or cassé peut aussi être refondu par un bijoutier pour créer un nouveau bijou, avec un complément de métal si nécessaire. C’est une manière de garder la matière d’un bijou de famille, comme le rappelle notre article sur les bijoux reçus en héritage. Et si vous vendez, profitez-en pour trier : un tiroir désencombré, c’est aussi l’esprit de notre méthode pour désencombrer sa maison.

Cet article est une information générale. Les règles citées sont celles en vigueur à la date de publication.

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